50 nuances de Grey – E. L. James

50 nuances de grey

Après en avoir entendu parler environ… quelques milliers de fois, avec des amis, sur la toile ou encore à la télé, je me suis dis qu’il était temps de me laisser tenter par 50 nuances de Grey. Je savais que je commençais là un livre bourré de scènes érotiques, mais qui avait tout de même réussi à se placer numéro 1 dans les ventes de livres en 2012. C’est donc sans préjugé aucun, mis à part peut-être un « C’est trop biiieeen ! » généralisé, que j’ai ouvert les premières pages du livre. Au fond, je craignais tout de même l’effet « Bienvenue chez les Ch’tis » : une oeuvre annoncée géniale, saluée par le public, dont on a entendu parler de nombreuses fois, mais qui s’avère finalement n’être qu’un film banal au scénario sans surprise – ou bouquin dans notre cas.

Synopsis

A ceux ou celles qui n’auraient pas lu le livre, je résume : Anastasia Steele, étudiante en dernière année, se retrouve en interview pour le journal de sa fac face à Christian Grey. Pas beaucoup plus âgé, mais imposant de par sa prestance et son physique parfait, il finit par la retrouver après l »interview, et commence entre eux une histoire d’amour – ou plutôt de cul, finalement. Et je m’arrêterai là dans le résumé au risque de spoiler d’éventuels intéressés.

Les personnages

Clairement, on retrouve là un Edward et une Bella de Twilight. Une jeune fille en fleur, qui passe son temps à se questionner et un bellâtre richissime parfait physiquement, qui fait tomber toutes les nanas au moindre regard. Anastasia semble rongée par les doutes tout au long du bouquin, mis à part pendant les (nombreuses) parties de jambes en l’air, pas grand chose ne semble la réjouir. Elle mène une vie banale, en dehors de sa relation avec Christian, peut-être ce qui a plu à un grand nombre de lectrices, car finalement cette vie quotidienne tellement normale permet aisément de s’identifier à l’héroïne.

Christian quant à lui ne ressemble à personne. Je n’ai peut-être pas assez de références en matière de films ou de livres pour pouvoir le comparer à qui que ce soit, si ce n’est éventuellement un Mark Sloane de Grey’s Anatomy (Tiens, un nom en commun), en plus jeune. Son expérience en matière de sexualité, mais aussi professionnelle, me paraît tellement démesurée qu’il est très peu réaliste à mon avis. Mais c’est peut-être aussi cela qui permet de s’identifier : mis à part dans un fantasme douloureusement sensationnel, aucune femme ne pourra vivre une expérience identique aux scènes du bouquin. D’où l’idée de « fantasme » d’ailleurs.

L’intrigue

Répétitive, c’est certain. Mais honnêtement, c’est comme avoir regardé un film X : quand on en a vu un, on a fait le tour de la question. Et bien là, c’est un peu la même chose finalement. Heureusement, il reste l’intrigue principale autour de laquelle gravitent les scènes plus hot. Mais clairement, ce que chacun attend, ce sont les scènes de sexe. Elles sont légion, mais ne se ressemblent pas, donc il y a quelques surprises de ce côté là.

Il faut savoir – et je l’ai appris aujourd’hui même d’ailleurs – que l’auteure du livre est à la base une fan de Twilight, qui s’est fait connaître notamment grâce aux fanfictions (on y revient toujours). Face au succès d’une de ses fictions, elle a tenté de transformer ses écrits en oeuvre originale. Je comprends donc la ressemblance des personnages principaux avec ceux de la saga vampirique, difficile de s’éloigner des personnages d’une oeuvre sur laquelle se sont fondés tous nos écrits, et croyez-moi, je sais de quoi je parle.

Les scènes de sexe

Parce qu’il faut bien en parler ! Elles sont bien écrites, de mon point de vue, et assez bien construites. Le plaisir de la jeune femme semble aller crescendo – je ne parlerai pas de son partenaire qui lui est toujours prêt à l’assaut, peu importe la situation – et le plaisir à la lecture s’en ressent. Et je trouve bien plus divertissant et excitant de lire une scène de cul bien écrite que de regarder un porno exubérant. J’en ai vu peu, mais ça laisse tellement peu place à l’imagination que s’en est frustrant. Et puis, la face que peut avoir un homme ou une femme en plein orgasme, c’est franchement pas bandant – passez moi l’expression. Alors qu’au moins, en lisant une scène de sexe dans le bouquin, il me semble que l’on peut imaginer ce que l’on veut. Et pour ma part, je préfère imaginer les personnages sans visage précis, ce n’est pas le plus intéressant, il faut bien l’avouer.

Par contre, là où ce bouquin rejoint clairement les films pornographiques/érotiques, c’est dans l’absence de réalisme. C’est fantasmagorique, mais pas toujours probable : non, aucune fille que je connais a un orgasme à tous les coups ; même si l’on pratique le sexe pendant les règles, aucun homme n’arrache sauvagement le tampon de sa femme en trouvant ça excitant ; et enfin, une première fois aussi réussie, euh… je cherche encore des femmes qui pourraient en témoigner.

L’aspect sadomasochiste des scènes de cul, par contre, m’a un peu déçu. Comme je l’ai dit récemment à une amie, le SM c’est très particulier – et je ne parle pas de pratique, cela ne nous regarde pas – mais là, je n’ai qu’à peine été surprise. Peut-être dans la suite de la saga, notamment 50 nuances plus sombres, tout cela se corsera-t-il un peu, mais je m’attendais à bien plus dans ce premier livre. Je n’ai pas envie de tout gâcher, donc je ne donnerai pas plus de détails, mais celles (et ceux, éventuellement) qui sont allés au bout du livre, je suis avide de connaître votre avis !

A lire, sans prétention aucune

Clairement, oui, je recommande ce bouquin. C’est clairement une lecture féminine : j’imagine pas un homme lire 50 nuances de Grey sans se sentir un peu con face aux performances hors normes de Christian, et ennuyé pendant les moments d’introspection d’Ana. Donc, je vous le recommande, mesdames. (Si un homme s’y essaie, là aussi je suis trèèèès curieuse de connaître son avis, qu’il se manifeste !)

Lire 50 nuances de Grey, c’est lire un livre érotique sans culpabiliser, parce que tout le monde l’a lu. Alors qu’emmener un autre bouquin du genre au titre parfois évocateur, dans le métro ou dans la salle d’attente du médecin, c’est moyen ! Je lirai la suite, très certainement. Mais le critère ultime est le suivant : je le lirai, mais je ne l’achèterai pas !

Kaa’

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Les soleils de Siam, Laurent Luna – Tome 1 : L’Enjeu

Voilà encore un bouquin d’avalé à la vitesse de la lumière. Un peu plus de 350 pages je crois, et… deux jours. Je l’ai lu plus rapidement que certaines fanfictions Harry Potter, c’est pour dire.

Synopsis

Loreleï, jeune demoiselle de quatorze ans, souffrant d’une malformation cardiaque qui pourrait bien la terrasser en deux temps, trois mouvements, rencontre un jour sa grand-mère, au chevet de son lit d’hôpital après un énième malaise, qui va lui offrir le « Soleil de Siam ». Grâce à cette pierre, Loreleï va guérir plus vite, ne plus souffrir de son coeur malade. Derrière tout cela se cache forcément bien plus de choses tarabiscotées, surnaturelles, fantastiques, et culottées.

Les personnages 

Pour ma part, j’ai buggé aussi sec sur le personnage principal de Loreleï. Ce serait malvenu de ma part de dire qu’à quatorze ans, on a rien vécu, mais ça me paraît un peu léger pour apporter une réelle profondeur au récit. Oui, je sais, Harry Potter n’en avait que 11. De ce fait, j’ai l’impression que les émotions, réactions et actions de l’héroïne se retrouvent assez vite emprisonnées et limitées par son âge. Pour sûr, les ados et pré-ados à qui semble être destiné ce roman vont adorer, elles (ou ils) vont s’y reconnaître aussitôt. Internet, Converses, smartphone, parents en train de divorcer, et questions sentimentales meringue que même moi j’ai compris depuis le début ce qui allait arriver à la fin. Enfin, je crois.

Les autres personnages, notamment surnaturels, ouvrent un peu plus de possibilités à  mon imagination. Ils ont des pouvoirs, après tout, donc tout semble possible. Mais encore une fois, cela manque de détails. Je ne suis pas particulièrement accro aux longues descriptions, mais j’aurais aimé plus d’informations sur l’allure physique de ces personnages atypiques. La couleur des yeux, la chevelure ou l’allure de certains personnages semblent être utilisés comme description au moment de leur rencontre, uniquement parce que cela permettra de les nommer de façon métaphorique dans les lignes suivantes, mais cela paraît ne pas avoir d’autre intérêt. Et puis, la description des lignes du visage, de l’expression, de la démarche, cela manque cruellement à se faire une idée. Cependant, il faut admettre que la dualité entre le Bien et le Mal tout au long de l’oeuvre nécessite un mystère important sur ces personnages. Difficile de savoir qui est adjuvant, qui est opposant.

Le contexte

New York, puis Des Moines, Knoxville… Il est certain qu’il est plus facile d’imposer une histoire rocambolesque en plein milieu du fin fond de l’Ohio, où l’on peut imaginer de façon floue le décor, que dans une rue bien connue de Paris, Lyon ou Marseille. Même si cela m’a beaucoup étonné, qu’un auteur français utilise ce contexte, cela n’est pas sans rappeler Maxime Chattam, qui n’en est pas moins un très bon auteur selon moi.

Seulement, et cette réflexion est liée aux précédentes, cela va trop vite. J’ai l’impression que le bus parcourt 500 miles en une demi-seconde, je n’ai pas vraiment réussi à me faire une idée réaliste du Dingus Lounge, et le monde de Siam ressemble à un poster Peace an Love des années 60 – enfin, dans ma tête. Du coup, entre la rapidité de lecture et le manque d’informations à mon goût, j’ai l’impression d’avoir lu un prologue.

Bref.

Ca semble négatif, hein ? Parce que j’ai du mal à mettre des mots sur des critiques positives. Mais il y en a quand même. Déjà, pour commencer, je suis allée au bout du livre, et c’est déjà un beau compliment. Ensuite, je le conseille ! Mais pas à n’importe qui. Je le conseille à des jeunes filles entre 13 et 17 ans. Je le conseille aux parents qui voudraient relancer leur ado dans la lecture pour lui faire un peu oublier la console de jeu. Je le conseille à celles et ceux qui ont aimé les Twilight et Harry Potter. Ca se lit facilement, c’est un univers à la mode, ça envoie du rêve.

Ca m’a tout de même laissé un goût de « trop peu », c’est pourquoi j’irai lire le second tome, pour voir si l’auteur va au bout des promesses faites dans ce tome 1. La promesse qu’il y aura un contenu solide derrière toutes ces anecdotes entamées par-ci, par-là dans ce premier opus.

L’heure de l’ange

Je souhaiterais vous parler aujourd’hui du livre d’Anne Rice, L’heure de l’ange, que je n’ai pas encore achevé. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas pris le temps de lire un livre, et encore moins d’en faire la critique, je pense qu’il est grand temps de s’y remettre.

Seules quelques petites dizaines de pages me séparent encore du dénouement de ce livre. Je ne connais ni l’auteur, ni son univers. Pourtant, ses histoires de vampires et autres créatures fabuleuses semblent fasciner le monde entier, mais pour ma part, non. J’adore pourtant la littérature fantastique, mais après avoir gobé les quelques tomes de Twilight, je ne me sens pas capable de lire encore du vampire.

Bref, je pars sans aucun préjugé, puisque je ne connais pas. Ce bouquin est arrivé chez moi par l’intermédiaire d’une collègue qui m’a filé de la lecture pour mon congé maternité, parmi trois autres livres. Dans un genre similaire (polars ou fantastique, elle aime le même genre de livres que moi), c’est celui-ci qui a attiré mon oeil en premier. La première de couverture est très classe, une simple aile d’ange sur un fond noir, le titre du bouquin, l’auteur. Et l’éditeur, parce qu’il ne faut pas oublier de signaler que c’est chez Michel Lafon, ça peut servir si jamais vous le cherchez chez un libraire qui ne connaîtrait pas l’auteur. Enfin, c’est même agréable à toucher, le nom de l’auteur ayant plus d’importance que le titre de l’ouvrage, l’éditeur a choisi d’y coller un petit vernis sélectif (jargon, jargon, quand tu nous tiens !) ; la qualité de la reliure est bonne (parce que j’en ai connu des horribles qui donnent pas envie de tourner les pages), le papier est sympa sous les doigts, et il sent bon. J’ai cette sale manie de toujours snifer ce que je lis, c’est comme ça, et c’est tout.

Bref, le résumé au dos, par contre, je ne vous le conseille pas. Je ne sais pas ce qui est passé pas la tête de l’éditeur pour dévoiler autant de choses, j’ai dû attendre un moment pour voir enfin débarquer les évènements qui m’avaient interpelés dans la synopsis, c’est dommage. Voyez plutôt ce résumé, il vous donnera peut-être envie sans pour autant vous mâcher le travail :

Tobby est un tueur en série doué, recherché partout dans le monde, mandaté par celui qu’il appelle l’Homme Juste afin de – très bien – gagner sa vie. Une vie pourtant morose et triste depuis qu’il a perdu la foi suite à divers évènements perturbateurs. Un personnage hors du commun va venir changer sa destinée et l’emmener à travers le temps pour changer l’image que Tobby a de lui-même, du monde et de la religion.

Voilà, cela me semble assez bien résumé, pour quelqu’un qui n’a pas encore terminé sa lecture. Pour le moment, je dois dire que j’ai eu pas mal de difficultés à me « mettre dedans », comme on dit ! La religion est omni-présente, et ça n’est pas pour me plaire. Mais je me suis accrochée parce que le personnage principal m’a plu. L’auteur écrit tout à la première personne, ça change même si c’est assez déroutant. Je suis donc entrée dans la peau de Tobby, et j’ai adoré ça. Son existence hors normes et sa profession à risque y sont sans aucun doute pour quelque chose. J’avançais petit à petit dans la lecture de l’oeuvre, car cela me paraissait tout de même assez long, moi qui ai l’habitude de dévorer les bouquins à une vitesse plutôt soutenue. Et puis d’un coup tout s’est accéléré, le fameux second personnage est intervenu et tout s’est décanté. Le gros de l’action a commencé et je me suis encore plus intéressée au personnage.

Bref, c’est écrit assez finement, bien que j’ai l’impression de lire énormément de répétitions. Mais l’histoire coule de source, les personnages sont atypiques et intrigants. Je conseille ce livre à quiconque aime le fantastique, et n’est pas rebuté par la religion !

Muriel Meunier

Muriel Meunier est un auteur local, que j’ai découvert par le bouche à oreille, Untel connaissait Unetelle qui était la voisine de Madame Meunier qui écrit des livres… et voilà comment à l’âge de dix ans je me retrouve avec Les Loufs dans les mains.

Habitante de la célèbre ville de Bolbec à une époque – et je crois que c’est là que nous nous sommes croisées alors que je portais encore des couches – elle a migré vers la Basse-Normandie où elle continue à écrire. Normande qui se respecte, elle aime mettre en avant des personnages typiques, que vous ne trouverez sûrement pas ailleurs. Elle décrit des lieux d’un point de vue tant esthétique qu’historique, et ravira quiconque aime les livres relatant des époques oubliées, des personnages à la fois simples par leur mode de vie, et complexes par leurs états d’âme. Le polar fait petit à petit son apparition dans sa bibliographie, pour le plaisir des amateurs du genre.

Les Loufs ou la vie à l’envers est le premier livre que j’ai tenté de lire à tout juste dix ans, et même si j’aimais déjà énormément la lecture, il était sans doute un peu tôt pour lire ces romans. J’ai retenté l’expérience un peur plus tard, et c’est à quatorze ans que j’ai pû comprendre les enjeux de cette histoire. Une ado complètement paumée part à la recherche d’un jeune homme disparu, histoire de penser à autre chose qu’à sa vie triste et morne. Les péripéties de cette nana et de ses nouveaux amis se déroulent au Havre, je me sentais on ne peut plus proche de l’héroïne. Mais les années ont passé et je réalise ce que ce livre, tant une critique sociale qu’une histoire d’amour entre ados, n’est pas le meilleur de l’auteur.

J’ai dévoré Enain des Pommiers, le normand, il y a quelques années. Impossible de mettre la main dessus pour le relire avant d’écrire cet article, mais quoiqu’il en soit, il avait laissé sa trace dans ma bibliothèque. C’est le premier livre que j’ai lu où les dialogues étaient quasiment écris en phonétique. Hé oui, je ne suis pas sûre qu’il y ait de réelles règles d’orthographe et de grammaire pour écrire en cauchois. Ceci dit, il n’a pas été plus difficile à lire qu’un autre, et à chaque page que je tournais j’arrivais à mettre un nom sur ces lieux si habilement décrits, sur ces situations, car ils sont on ne peut plus réalistes. J’ai l’impression que ce livre décrit des voisins, ou même des grands oncles, le mec qui vient presser le cidre chez mon père ou encore la vieille de la rue un peu acariâtre, connue pour pratiquer la protection par patte-de-lapin-posée-sur-le-fêtage-de-la-maison.

Quoi qu’il en soit, même si Muriel Meunier n’est ni philosphe, ni grand écrivain fantastique, qu’elle n’a pas connu l’Académie Française et qu’elle rédige des nouvelles pour Maxi, elle a un lectorat fidèle qui apprécie ce qu’elle fait. Un recueil de ces fameuses nouvelles policières humoristiques doit voir le jour cet été, et son activité de biographe commence à se faire connaître. Je lui souhaite autant de plaisir dans ce qu’elle fait, qu’à vous en lisant ses livres si jamais cela vous tente.