Pourquoi… se fixer un but ?

Loin de penser à tout ce que j’aurais pu faire de mes années passées, je me demande surtout ce que je vais faire de celles qui me restent à écluser. A quelques jours de mon vingt-quatrième anniversaire, soit même pas un quart de siècle, je me dis que j’ai déjà tracé un bon bout de chemin.

En fin de compte, j’ai fait tout ce que l’on attendait de moi : je suis allée à l’école et ai obtenu des résultats plutôt satisfaisants. J’ai fait des études qui m’ont intéressée, et j’ai trouvé un job dans ma filière à peine deux ans après avoir obtenu mon diplôme. Je n’ai pas passé plus de deux mois au chômage dans ma vie, ça a presque été trop facile.

J’ai rencontré mon mari actuel il y a bientôt sept ans, nous sommes mariés depuis deux ans, notre fils entre à l’école demain et notre deuxième enfant est à l’heure actuelle en train de faire des pirouettes dans les confins de mon utérus.

J’essaie d’être pour mes parents la fille qu’ils désiraient, et pour mon fils une maman exemplaire. Une soeur attentive et présente pour mes frères, une amie disponible, une collègue dévouée et agréable, une femme fidèle et aimante.

Alors, serais-je déjà arrivée au bout de quelque chose ? Oui, j’en ai l’impression. Mais j’ai surtout la certitude que ce n’est que le début d’une autre aventure, de quelque chose d’encore mieux, où je serai encore plus à ma place. Si dans ma vie quotidienne je pense que peu de chose changeront avant encore des années, je sais qu’au fond de moi quelque chose est prêt à évoluer, ma vision des choses de la vie n’est plus la même.

Je ne sais pas quel est le but de l’Homme sur Terre. Je ne sais pas non plus si nous avons un but unique, valable pour chacun d’entre nous en tant qu’individu, ou si au fond nous sommes tous là pour accomplir une mission commune, une mission plus grande. Ou bien est-ce un peu des deux : chacun est né pour accomplir un but unique qui est finalement la pièce d’un puzzle géant, où chaque pièce a été conçue pour s’imbriquer dans une autre. Je n’obtiendrai jamais la réponse à cette question, et je n’ai pas l’intention de réfléchir à l’échelle de la planète.

A ma toute petite échelle, j’ai récemment choisi de suivre un seul et unique but : l’autosatisfaction. Contrairement à ce que l’on peut croire, cela n’a rien d’un but égoïste, puisque il n’est pas dit que les actions qui me satisferont seront toutes égoïstes. Je tenterai d’appliquer ce qui me parait juste, d’agir selon des principes de vie qui me sont propres, et d’être aussi respectueuse que possible de ce(ux) qui m’entoure.

Cette résolution prise, je me sens comme libérée d’un poids, comme si cette si simple idée avait toujours été à portée de main, et que je n’avais cessé de lui courrir après au ralenti, comme dans ces songes pénibles que l’on fait parfois. Quand j’aurais un choix cornélien à faire, je me poserai une seule question : « quelle est l’option qui te satisfera le plus, toi ? »

Pour autant, je ne marcherai pas sur les plates-bandes de mes collègues demain pour arriver à mes fins, et je ne dévouerai pas toutes mes heures de temps libre à soulager mes aïeuls de leurs corvées sous prétexte que ma satisfaction passe par les services que je leur rend ou par mon ascension professionnelle. Mais peut-être que demain, j’irai acheter une plante verte, parce que j’en ai envie.

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